Vidéo: Le contrôle dans une relation conjugale


Voici une excellente vidéo qui démontre bien ce qu’est le contrôle dans une relation conjugale.  http://www.fredetmarie.be/

Extrait d’analyse « après les critiques sur le repas, les amies, c’est au tour des vêtements que Marie souhaite porter pour la soirée.  Là encore Fred mélange les tons (ce qui est déstabilisant pour la personne en face) une fois c’est sur le ton des reproches, une fois sur le ton de la blague, avec une modulation de la voix, plus ou moins forte pour en imposer à Marie. Là encore elle essaye de résister… réaction de Fred : hausse de la voix, regards noirs. Marie ne veut pas que ça dégénère, donc ne va pas à l’escalade.  Là encore Fred essaye de faire croire à Marie que c’est elle qui est en tort, avec en plus de la moquerie sur ses goûts vestimentaires.»

Extrait de la conclusion «Une personne qui subit des violences psychologique se retrouve sous l’emprise de son agresseur. C’est un long travail de sabotage, basé sur la répétition, l’utilisation de multiples jeux malsains. Une vidéo de 15 minutes peut peut-être avoir du mal à faire comprendre comment on peut se retrouver dans cette situation là d’emprise et combien c’est difficile de s’en sortir. Si de regarder cette vidéo et d’en lire les commentaires vous parait déjà « fastidieux », ce n’est rien par rapport à ce qu’une victime subit sur du long terme et quasi en permanence.  La question qui revient souvent de la part de personnes qui ne comprennent pas que la victime ne réagit pas plus, est « mais pourquoi elle se laisse faire ? »

Analyse complète de la vidéo FRED et Marie

Scène 1   (à 1m. 10s.)
Fred rentre d’un jogging, Marie prépare à manger. Aucun regard, aucun mot entre eux. Fred éteint la musique que Marie écoutait sans rien lui demander. Il regarde le courrier posé sur la table.

(« soupir » de Marie, comme si elle prenait son souffle pour oser parler, comme si elle savait que ce qu’elle allait dire peut déclencher des histoires.)

Marie « t’as acheté le persil ? »
Fred « non, j’ai complètement oublié. On fera sans. »
Marie « Fred »
Fred« t’avais qu’à y aller toi, c’est pas comme si t’avais mille choses à faire ! »

(lui serait donc super occupé, et pas elle. Pourtant il revient d’un loisir, regarde le courrier et c’est elle qui bosse là. D’ailleurs dans toute la vidéo, c’est elle qui bosse… mais il veut lui faire croire qu’elle ne fait rien)

Fred enlace Marie

(après avoir soufflé le froid, il souffle le chaud. La technique de la douche écossaise, entre comportements négatifs et positifs, est très perturbant pour quelqu’un qui y est soumis)

Fred «  hum, ça sent bon. C’est bien, tu t’es bougée pour ce soir. Marie, 5 ans »

(sous entendu en forme de reproche « tu t’es bougée », comme si elle ne faisait rien autrement. « c’est bien », c’est lui qui juge ce qui est bien, ce qui est mal)

Fred «  hum, la bonne recette de maman, il manque juste un petit truc. »

(C’est bon, mais Marie n’y serait pour rien, juste une « copieuse », alors que c’est elle qui cuisine. Et il sème le doute sur la réussite culinaire sans donner d’indication. D’ailleurs Marie goûte son plat après ces reproches déguisés, avec une mine réflexive, à se demander qu’est ce qu’il pourrait manquer. Peut-être le persil que lui n’a pas acheté ?)

Scène 2 (à 2m. 10s.)
Le téléphone sonne. Fred va répondre
Fred « non, elle est occupée. Elle te rappelle. Ok, bises, ciao »

( Fred est sympa, souriant avec la personne au téléphone… mais il décide à la place de Marie si elle peut ou pas répondre à ce coup de fil, sans lui avoir rien demandé)

Fred, l’air contrarié, appelle Marie.

(Changement de tons, entre le « cool » avec l’interlocutrice au téléphone et le « contrarié » avec Marie. En quelques secondes on voit sur le visage de Fred ce changement)

Fred « Marie, viens un peu, s’il te plait… Géraldine vient d’appeler pour savoir ce qu’ils devaient apporter ce soir. C’est quoi cette histoire ? »

( ce n’est pas lui qui va vers Marie pour poser sa question, mais lui demande de venir, alors qu’il a dit à Géraldine que Marie ne pouvait pas lui parler, parce qu’elle était occupée. Même si il emploie « stp » c’est plus un ordre. Une invitation est ressentie comme une « histoire » par Fred… avec un tel vocabulaire, Marie sait déjà qu’il va y avoir reproches, elle est pré conditionnée, et sûrement conditionnée par d’autres faits semblables nombreux passés)

Marie « Finalement j’ai invité Géraldine »

( « Finalement » voudrait dire que cette invitation a déjà posé problème entre les 2, mais que Marie a tenu sa position et osé passer outre les désir de Fred, tout en ayant peur des réactions de Fred)

Fred «  t’as invité Géraldine, et tu sais que je ne peux pas la voir ! »

( Fred emploie un ton brusque, et culpabilise Marie, voir même qu’elle ferait exprès de lui faire du mal)

Marie « oui mais c’est ma copine »

(Ton craintif de Marie qui se justifie de son invitation… on ne dirait pas des rapports de couple, mais plus un parent autoritaire qui s’adresse à une gamine qui aurait fait une bêtise… même craintive, Marie tente de maintenir son choix)

Fred «  écoute, tu ne vas pas me faire ça ce soir. C’est quoi le plus important, c’est Géraldine, c’est ça ? C’est Géraldine ou c’est nous ? »

(Changement de ton de Fred qui se rapproche de Marie, parle plus gentiment, plus amoureusement… il utilise du chantage affectif, en imposant un choix à Marie : lui ou Géraldine… alors que ce choix n’a pas lieu d’être. Fred est le compagnon de Marie et Géraldine est son amie… en employant le « nous », il peut même laisser sous entendre que l’amie serait l’ennemie du couple. Marie n’aurait elle pas le droit d’avoir des amies ? Fred aurait il peur de certaines amies susceptibles d’aider Marie à voir certains comportements incorrects ?)

Marie «  Géraldine c’est important pour moi »

(Marie essaye de maintenir son choix, de se justifier …avec un peu de rébellion dans la voix)

Fred « ben pas pour moi… écoute Marie, on a déjà invité Catherine, c’est déjà très bien, ok. Géraldine, elle vient pas ! … oh ! On s’en fout de Géraldine ! Eh mon amour… ben quoi.. Tu veux que je mette la table ? »

(Changements de ton de Fred, et même plusieurs tons dans la suite de ses phrases. Au début c’est de l’ordre : c’est lui qui compte et c’est tout. Puis il se radoucit, nouveau chantage affectif : il a déjà consenti à l’invitation de Catherine, donc il aurait fait un effort, donc ça serait à elle d’en faire un. Un nouvel ordre, ensuite ton « badin », emploie de mots amoureux… puis changement de conversation. Fred met en place une logique pour arriver à ce qu’il veut, mais même si ça veut se paraître logique, ça ne l’est pas du tout. C’est lui qui sélectionne les amies qui peuvent venir et Marie n’a pas son mot à dire. C’est lui qui fait des histoires… mais il en rend responsable Marie)

Marie « non, je vais le faire »
Fred « ok, je vais prendre une douche. Tu l’appelles, hein »

(Là encore il ne va rien faire, ni préparer le repas qu’il a « légèrement » critiqué, ni mettre la table… lui fait du sport, prend sa douche : il s’occupe de lui et Marie gère le reste… pourtant c’est lui qui aurait mille choses à faire. Il insiste pour que Marie fasse ce que lui veut, et qu’en plus elle assume à sa place ce que lui décide. C’est lui qui ne veut pas que Géraldine vienne, alors qu’il l’a eue au téléphone, il n’a rien laissé paraître de sa contrariété… et il confie la mission à Marie de régler ce que lui veut. Il met forcément Marie en porte à faux par rapport à son amie, mais ce n’est pas son problème : seul compte ce que lui veut. Pourquoi Marie ne réagit pas ? Une vidéo est limitée dans le temps, mais ce n’est sûrement pas la 1ère fois que Marie se retrouve face à ces comportements de Fred ; elle a été conditionnée à réagir de certaines façons pour éviter d’autres problèmes à ceux qui existent déjà. Les chantages affectifs, les culpabilisations, les tensions, les illogismes, les douches écossaises etc… participent à une mise sous emprise… qui fait que la victime a du mal à réagir. Enfin « du mal à réagir » dans ce qu’on voit, en tant que spectateur/trice externe… à l’intérieur il y a un cheminement.)

Scène 3 (à 3m. 46s.)
Marie « allo Géraldine, ça va ? Oui, oui ça va… j’ai juste un, un problème pour ce soir. En fait, ouais j’ai complètement foiré, ouais… tu vas pas pouvoir venir. Non, non c’est parce que j’ai pas assez de places… ouais, je me suis trompée. Non, non, pas du tout, c’est pas Fred, non bien sûr que non, non. Pourquoi tu dis ça ? Non, c’est moi qui… voilà ouais… je suis… non t’inquiète… je te laisse là, d’accord, ouais, salut »

(Marie prend sur elle la responsabilité de ce que Fred veut. Elle cache les ordres de Fred. Pourquoi fait-elle ça ? Elle pourrait dire la vérité à son amie…  elle est sous surveillance de Fred (qu’on voit à l’arrière plan), elle écourte la conversation d’ailleurs quand elle le voit. Elle pense aussi peut être que ça va s’arranger, et que ce n’est pas la peine de prendre le risque de déclancher d’autres histoires –alors que c’est Fred qui les déclanches, mais elle se sent responsable-. L’explication qu’elle donne à Géraldine est complètement fausse, mais son amie a plus de respect pour elle que Fred, et n’insiste pas là pour la mettre d’avantage en porte à faux. Fred l’a conditionnée à se sentir responsable de tout, alors Marie doit penser que c’est le cas et que c’est à elle de faire des efforts pour arranger les choses.)

Fred « ben tu vois, c’était pas si compliqué »

( Fred enfonce le clou… c’est lui qui a déclenché ce problème, c’est lui qui demande à Marie de le résoudre, sans se soucier si ça lui fait du mal. En gros cette phrase c’est un peu comme lui dire « tu vois, tu fais ce que je veux et c’est pas compliqué »)

Scène 4  (4m. 54s.)
Fred «  Marie, c’est quoi ça ? »
Marie «  ça quoi ? »
Fred «  cette espèce de robe »
Marie «  la rouge ? »
Fred «  ben wouais la rouge ! »
Marie « c’est ma robe pour ce soir »
Fred «  c’est une blague ! Tu ne vas quand même pas mettre ça ! »
Marie «  mais elle est très bien cette robe »
Fred « tu ressembles à rien là dedans. T’as vraiment aucun goût. Je vais t’en trouver une moi »
Marie «  mais c’est quand même pas toi qui vas choisir ma robe ce soir »
Fred «  écoute, tu discutes pas. Tu vas me faire confiance, ok ! Quoi ? Y a un problème ? »

( après les critiques sur le repas, les amies, c’est au tour des vêtements que Marie souhaite porter pour la soirée.  Là encore Fred mélange les tons (ce qui est déstabilisant pour la personne en face) une fois c’est sur le ton des reproches, une fois sur le ton de la blague, avec une modulation de la voix, plus ou moins forte pour en imposer à Marie. Là encore elle essaye de résister… réaction de Fred : hausse de la voix, regards noirs. Marie ne veut pas que ça dégénère, donc ne va pas à l’escalade. Là encore Fred essaye de faire croire à Marie que c’est elle qui est en tort, avec en plus de la moquerie sur ses goûts vestimentaires.)

Scène 5 (5m. 44s.)
Fred «  moi j’ai un problème. J’ai tcheké ton facebook. T’es amie avec Alain maintenant ! C’est quoi ce plan avec Alain ? Marie ! C’est quoi ce plan avec Alain ? »
Marie « c’est Alain, c’est ton pote »
Fred «  ben oui justement, c’est mon pote et mes potes c’est mes potes, tu comprends ça ! Mais pour qui tu te prends ? Hein pour qui tu te prends ? Tu fais rien de tes journées. Tu te plains tout le temps, et maintenant tu fais la belle devant mes potes. C’est ça, hein ? Mais tu te crois où toi ! »

( Fred hausse de plus en plus le ton, s’avance vers Marie menaçant, lui crie au visage. Il pique une colère injustifiée, illogique mais en rend responsable une fois de plus Marie. Il lui fait peur en lui faisant croire qu’elle le mériterait. Il intervient dans les relations de Marie avec ses amies, mais aussi avec d’autres amis… Marie n’aurait pas droit d’avoir des relations, même amicales, sans son autorisation ? Cherche-t-il à l’isoler ? Isoler une victime c’est encore plus lui faire perdre ses points de repères, et penser ainsi qu’elle n’aura d’aide de quiconque.)

Fred «  mon amour… je suis désolée… en fait je trouve ça plutôt sympa que tu sois pote avec Alain.»

( il change abruptement de ton, passe à de pseudos excuses… et contredit complètement ces phrases précédentes. C’est très perturbant pour une victime qui ne sait plus quoi penser, voir même qui peut se demander si elle a bien entendu)

Fred « bon tu te grouilles. Je vais voir pour le vin »

( changement de sujet de conversation, Fred fait comme si il ne s’était rien passé. Marie est interloquée, ne comprend pas. Fred peut avoir piqué cette crise de colère injustifiée, parce que juste avant Marie avait osé se rebeller, en lui faisant remarquer qu’il n’avait pas à choisir sa robe pour elle… un peu de rébellion et derrière sanction… en gros c’est faire croire que si il y a opposition, il y a grosse réaction.)

Marie se met à pleurer

(accumulation de ce qui vient de se passer, auquel il faut rajouter tout ce qu’il y a eu avant, puisque ensemble depuis 5 ans. Le logement n’a pas l’air super grand, comme Marie se met à pleurer assez rapidement après le départ de Fred… il pourrait l’entendre, voir revenir… mais le vin doit être plus important)

Scène 6 (7m. 10s.)
Marie se maquille, Fred vient avec la robe qu’il a choisie pour elle. Il pose sa main sur son épaule et lui met devant la robe.

( emprise par les gestes… genre « je te tiens et tu mets ça »)

Fred « elle est magnifique. Tu seras superbe avec ça. Je t’aime Marie »

(C’est la robe qui est magnifique et qui rend superbe Marie… c’est une dévalorisation cachée. Marie ne serait pas belle, mais elle pourrait l’être en suivant les « conseils » -ordres- de Fred. Les mots d’amour servent à renforcer son emprise… « je t’aime » si tu mets ça)

Fred «  allez, habille toi »

(encore un changement de ton, et un ordre… Marie n’a pas parlé cette fois ci, peut- être sa façon de montrer son opposition, ou est-elle usée de ces façons de faire)

Scène 7 (à 8m. 4s.)
La soirée commence, des invités sont déjà là, discussion sur les vacances…
Fred (s’adressant à des invités) « non, on a débuté d’abord par les Etats-Unis, on est descendu… »
Marie « J’ai ouvert à Alain »
Fred « c’est bien »
Alain « bonsoir tout le monde… tiens j’ai trouvé ça devant la porte »

( « ça » c’est Catherine ! l’ami de Marie)

Catherine à Marie « ça va ? »
Marie « oui »
Fred à Alain « alors on drague ma femme sur facebook, hein »
Alain « oui à mort »

( avec son copain Fred emploie un autre ton, celui de la plaisanterie… rien à voir avec les mots et le ton employés avec Marie sur le même sujet. Les 2 hommes rigolent… voir la réaction de Marie ; elle a eu droit à une scène. Elle peut se demander pourquoi cette différence de traitement ? Mais aussi vu l’ambiance, si elle rectifiait comment serait-elle perçue ? Serait elle crue ? Fred a 2 visages : un en privé, un en public… et celles et ceux qui ne voient que les apparences publiques sont quelque part conditionnés à l’avance au cas où Marie parlerait)

Alain « … l’hôtesse de l’air, le coup de ma vie »
Fred  «  mais t’arrête pas. Ca me fait chier ça, c’est tout le temps »
Alain «  et toi Cath, toujours célibataire ? »
Catherine «  et toi toujours aussi lourd ? »
Fred «  allez … Christophe et Céline qui vont vous annoncer quelque chose »
Christophe « on va attendre le dessert »
Fred «  non, non maintenant »

(en prêtant attention, on peut voir des signes de comportements particuliers de Fred, même en public. Là il va à l’encontre du souhait de son ami d’annoncer la nouvelle qu’au dessert, c’est quelque chose qui concerne Christophe et Céline, mais c’est Fred qui décide… comme les rires ou mots limites sur son rapport aux femmes)

Christophe «  eh ben voilà, on va se lancer, on va se marier »
Tout le monde les félicite.
Fred « ben surtout bonne merde »

( Fred et Marie fêtent leur 5 ans… et voilà le bilan que Fred fait du mariage, même si il fait cela sur le ton de la plaisanterie. Voir là aussi la réaction de Marie. Et aussi la réaction d’Alain, qui sert de caution à Fred, puisqu’ils rigolent des mêmes choses. Ce sont 2 personnalités qui occupent l’espace par leurs fortes présences)

Alain « j’ai un scoop, j’ai croisé Géraldine avec son nouveau mec, une catastrophe »
Catherine « … pourquoi elle n’est pas là Géraldine ? »
Fred « oh c’est pas une grande perte »
Alain «  de toute façon les absentes ont toujours tort »
Fred « elle a décommandé, elle pouvait pas venir. Bon allez, on y va… on mange »

( Fred dénigre Géraldine, c’est là aussi préparer un public au cas où… si Marie parle, si elle se fait aider par Géraldine, il pourrait expliquer que Géraldine fait cela parce que tous les 2 ne s’entendent pas, et donc « juste » un problème de mésentente entre personnes rien à voir avec ce que fait Fred. Il se dédouane par avance. Il dénigre Géraldine, alors qu’au téléphone avec elle, il a joué au sympa. Il ment évidement sur la raison de l’absence de Géraldine, n’assumant pas ce qu’il a imposé à Marie. Mais c’est pour coller à l’image publique qu’il souhaite donner. Marie a 2 réactions successives, et insistantes en direction de Fred, qui fait comme si il ne voyait rien et change de sujet. Marie interloquée reste sur le canapé, Fred la tire par la main pour la lever)

Scène 8 (à 9m 45s.)
Fred « c’est deux œufs qui sont dans une poêle. Alors t’en as un qui dit à l’autre : oh lala il fait chaud et t’as l’autre qui fait p’tain un œuf qui parle »

( cette blague n’est pas anodine. Elle contient des sous entendus destinés à Marie. La personne qui fait de la violence psychologique utilise ce genre de sous entendus pour viser sa victime en public. C’est pervers, même si Marie se rebiffait à ce moment là, les autres pourraient lui répliquer que c’est juste une blague, qu’elle est parano etc… mais le message caché est « bien » une raillerie, une provocation à l’encontre de Marie)
Alain «  allez un discours, un discours »

Fred «  chers amis, je suis très content de vous voir tous ici ce soir pour fêter nos 5 ans. Marie, ma petite Marie,

( Marie met ses bras en croix devant elle, c’est un signe de protection… peut être craint elle les mots à venir)
je me souviens de toi la 1ère fois que je t’ai vue dans cette soirée où je ne connaissais personne d’ailleurs. Tu étais magnifique… enfin quand je dis, tu étais magnifique, ça ne veut pas dire que t’es devenue un gros boudin dégueulasse… oh ça va, ça va…
( de nouveau la même technique de la douche écossaise : un compliment suivi d’une vacherie. La forme sert à faire passer un fond incorrect. Voir la réaction de Marie, mais aussi celle de Catherine qui n’est pas dupe)
et donc je suis tombé amoureux de toi, comme ça, le 1er jour et je t’aime toujours. Tu illuminais la soirée comme une rose illumine un bouquet de violettes royales… en fait je ne me souviens plus du tout de la soirée… c’était où ? C’était où ? Marie, Marie… c’était où ? »
( encore une douche écossaise. Fred sort de « jolis mots » qui ravissent le public… et rigole, et le public suit… c’est comme si ce public donnait sa caution à Fred pour ce qu’il fait à Marie)

Alain « Fred, ça va, ça va. C’était chez Géraldine, on était tous là. C’est chaud 5 ans, ça donne envie »

(Alain « calme » Fred… peut-être met il le comportement de Fred sur l’alcool ? Quelle que soit la raison, il a compris que quelque chose clochait, mais ne va pas plus loin dans sa réflexion… et part sur de l’humour déplacé pour se disculpé. Alain dit aussi que quand Marie et Fred se sont connus, ils étaient tous là… alors que Fred dit avant qu’il ne connaissait personne à cette soirée… Fred aurait-il parasité les amis de Marie ?)

Fred « pourquoi tu réponds pas Marie, mais réponds… allo Marie, on t’entend plus, hein, le réseau est interrompu, le réseau… on n’entend plus Marie, elle est plus là… allez 5 ans d’amour »

( Fred se fout de Marie ouvertement… les autres rigolent, peut être juste parce qu’ils veulent éviter que ça dégénère, peut être pour cacher leur gêne… mais là encore quelle que soit la raison, Fred peut prendre ça comme une caution, et Marie peut penser que les autres se fichent de ce qu’elle subit, voir que ce qu’elle subit ne serait pas grave. Fred a ridiculisé Marie devant tout le monde et personne n’a réagi contre Fred… Fred se pense dans la toute puissance et pousse la provoque jusqu’à trinquer à leurs 5 ans d’amour… et tout le monde trinque, comme un symbole à cautionner les comportements de Fred)

Marie part s’isoler dans la cuisine.
Fred « ambiance, ambiance »

( Il rend responsable Marie du problème qui vient de se passer… et là encore le public cautionne par ses réactions)

Scène 9 (à 11 m. 50s.)
Catherine «  quel discours de merde ! Et les roses, quel faux cul ce mec »
Ami «  il est comme ça, qu’est ce que tu veux qu’on y fasse ? »
Catherine «  ben faut lui rentrer dedans, qu’il arrête. Ça va mal finir… mais t’es con toi, je vais voir »

( Catherine n’a pas ri, n’a pas trinqué aux mots de Fred. Elle a eu des expressions de désaccord, mais elle n’a rien dit, elle non plus. La réponse de l’ami veut dire qu’ils savent qu’il y a un problème, mais comme Fred est comme ça, on ne peut rien y faire… si on peut faire quelque chose, ne serait-ce qu’exprimer son désaccord quand on estime qu’il y a des choses qui ne se font pas. Là c’est comme si cet ami disait il est comme ça donc Marie peut tout subir)

Scène 10 (à 12m. 14s.)
Catherine « ça va ma chérie ? »
Marie « Cath, c’est pas le moment là »
Catherine « non mais là c’est jamais le moment. J’en ai marre moi. Marie t’es à bout, secoue toi. T’as changé, je ne te reconnais plus Marie »
Marie «  Pourquoi tout le monde m’engueule tout le temps ? On ne pourrait pas me laisser tranquille un petit peu»
Catherine « excuse moi… mais pourquoi tu ne lui dis jamais rien aussi ? Tout le monde trouve Fred génial »
Marie « souvent il est génial »
Catherine «  souvent ? … et la robe là, c’est lui qui l’a choisie ? »
Marie «  Il m’a interdit d’inviter Géraldine aussi »
Catherine «  de mieux en mieux… vraiment ça ne peut plus durer. Tu ne peux pas te laisser faire par ce mec quoi… allez reprends toi… c’est quoi la robe que toi tu voulais mettre ? »

( les violences psychologique visent à mettre quelqu’un sous emprise, à le conditionner et à l’empêcher de réagir… ce n’est peut être pas facile à comprendre, mais ce n’est pas juste un petit problème où la solution serait juste de demander à l’agresseur d’arrêter, pas plus que ça serait un problème relationnel entre 2 personnes, le vrai problème est la personnalité de l’agresseur et ses agressions. Marie a perdu confiance en elle, perdu ses repères… elle peut penser que le problème vient d’elle, qu’elle comprend mal, voir que Fred va changer. La scène d’avant où tout le monde a assisté à l’humiliation de Marie, personne n’a réagi vis-à-vis de Fred ; tous ont servi de cautions… ils contribuent ainsi à la toute puissance de Fred. Marie pourrait dire quelque chose pour se défendre parce qu’en ne disant rien elle cautionnerait aussi ? Mais pourquoi demander à la victime de faire quelque chose que d’autres sont incapables de faire ? Ce ne sont pas des étrangers, ce sont des amis, donc des relations particulières, qui ont du assister à d’autres scènes du même genre… eux, ils peuvent avoir un recul, que la victime n’a peut-être pas encore, et il suffirait peut-être de dire « ça, ça ne se fait pas », de ne pas cautionner… déjà pour mettre un frein à la volonté de toute puissance de l’agresseur, mais aussi pour faire comprendre à la victime qu’ils ne sont pas d’accord, et ainsi aussi participer à la prise de conscience de la victime que ce n’est pas elle qui comprendrait mal, ou se comporterait mal.)

Scène 11 (à 13m. 36s.)
Marie arrive, elle a mis la robe rouge qu’elle voulait porter pour cette soirée. Elle tape sur son verre pour prendre la parole, mais personne ne l’écoute. Fred tape violemment sur la table pour attirer l’attention. Là le silence se fait.

( Fred est déstabilisé parce que Marie a osé aller à l’encontre de ce que lui voulait ; elle a osé mettre la robe rouge. Marie veut se faire entendre, par un bruit sourd, elle n’arrive même plus à se servir de sa voix. Elle est pourtant habillée avec une nouvelle robe, d’un rouge voyant, elle est debout… mais personne ne la voit, personne ne l’écoute. C’est Fred qui emploie la violence qui attire l’attention.  Le coup de poing de Fred sur la table n’est pas anodin, il dit à Marie de se la fermer sinon…)

Fred « ben quoi ? Qu’est ce qu’il y a ? Marie voulait nous dire un petit truc. Vas y Marie. Quoi ? Vas y, t’as quelque chose à dire »
Marie « non, rien »
Fred « mais si. Bon, j’sais pas ! (à Alain) tu parlais de quoi ? Vacances ? Des meufs ? »
Alain « des meufs, des vacances »
Marie se tait, se rassoit et les conversations reprennent comme si il n’y avait rien eu.

Conclusion

Une personne qui subit des violences psychologique se retrouve sous l’emprise de son agresseur. C’est un long travail de sabotage, basé sur la répétition, l’utilisation de multiples jeux malsains. Une vidéo de 15 minutes peut peut-être avoir du mal à faire comprendre comment on peut se retrouver dans cette situation là d’emprise et combien c’est difficile de s’en sortir. Si de regarder cette vidéo et d’en lire les commentaires vous parait déjà « fastidieux », ce n’est rien par rapport à ce qu’une victime subit sur du long terme et quasi en permanence.
La question qui revient souvent de la part de personnes qui ne comprennent pas que la victime ne réagit pas plus, est « mais pourquoi elle se laisse faire ? ».
Marie ne se laisse pas faire, en prêtant un peu d’attention, on se rend compte qu’elle essaye plusieurs fois de se rebeller, alors peut être pas dans « l’éclat », peut être pas assez « fort », mais elle essaye, et elle progresse. Une victime a besoin de temps et pour se rendre compte, et pour se libérer de tous les réflexes d’auto- défense face aux agressions, se déconditionner… et les réactions (ou non réactions ) des entourages peuvent encore freiner et la prise de conscience et la « rébellion ».
La dernière scène est assez symbolique… Marie se tait parce qu’elle n’arrive pas à se faire entendre, mais aussi il y a la menace de violence physique et aussi se rendre compte que pour les autres Fred peut se faire entendre, pas elle, même si les moyens employés sont spéciaux. Fred lui a déjà mis en tête qu’elle ne vaut rien, et là les autres cautionnent ce jugement.

Référence: http://violence.morale.over-blog.com/pages/fred-et-marie-video-6056552.html

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